Le nouveau REFUGE du GOÛTER, une soirée dédiée aux exploits techniques et humains…

A l’occasion des Journées Nationales de l’Architecture, et des 22èmes Rencontres Internationales d’Annecy du Cinéma d’Architecture, CINE LAUDON a présenté mardi 23 novembre 2021, le documentaire de Bernard GERMAIN, LE NOUVEAU REFUGE DU GOÛTER.  Un échange technique, animé par Hélène WOLFF et Claude SAINT ROMAIN, de la Maison de l’Architecture de Haute Savoie (MA 74) a permis ensuite de répondre à l’intérêt manifeste du public.

Le documentaire retrace la conception et la construction d’un bâtiment hors norme et exemplaire dans son profil développement durable. Il aura fallu 3 saisons (2010/2012) de travaux exceptionnels dans des conditions extrêmes pour concrétiser cette «navette spatiale» posée à 3835m d’altitude et capable d’accueillir jusqu’à 120 alpinistes. Réalisé en bois local et en inox, couvert de panneaux solaires, le refuge du Goûter a été conçu pour produire sa propre énergie et trouver l’eau sur place (via un fondoir à neige) et recycler ses eaux usées (dispositif inspiré des sous-marins).

A travers les témoignages des architectes, maîtres d’œuvre et d’ouvrage, ingénieurs, chefs de chantier, fabricants, charpentiers, pilotes d’hélicoptère, guides et travailleurs du vide, il ressort, au-delà des performances architecturales et techniques, une formidable aventure humaine.

L’émotion ressentie par tous les acteurs de cet exploit était également très palpable dans la salle à la fin de la projection et a suscité de nombreux témoignages du public:

  • « Une réalisation remarquable par les relations créées entre les différents corps de métier. Cet exemple devrait être mis en avant dans les écoles et les médias. »
  • « J’ai eu l’occasion de monter au refuge pendant les travaux. J’ai été très impressionné par l’entente entre les ouvriers et par leur motivation. Certains n’hésitaient pas à monter au Mont Blanc après leur journée de travail… »
  • « J’ai travaillé dans une société associée (à perte !) à la construction du refuge. La plupart des entreprises impliquées étaient suisses, mais employaient beaucoup de haut savoyards. Les conditions de travail des ouvriers étaient difficiles. »

Le public s’est également interrogé sur certaines problématiques, telles que:

  • l’acheminement de la nourriture et l’évacuation des déchets (par hélicoptère),
  • le devenir de l’ancien refuge resté intact. Il sert de refuge de secours en cas de problème ou de surfréquentation du nouveau bâtiment.
  • les architectes à l’origine du concept architectural (forme ovoïde), qui n’ont cependant pas suivi le chantier jusqu’au bout.

La MA 74 n’a pas caché à l’auditoire averti certaines difficultés de fonctionnement du nouveau refuge: problèmes de traitement des eaux grises et de chauffage (lors du démarrage), fréquentation pas toujours maîtrisée.., ainsi que la polémique d’un ouvrage considéré comme trop «confortable» par les plus proches de la nature.

Une phrase du film a particulièrement interpellé l’assistance…

Si on a pu construire un bâtiment écologique à une telle altitude, pourquoi ne peut-on pas développer ce type de réalisations en plaine ?

La MA 74 a effectivement déploré qu’en Suisse ou en Allemagne, on prenne plus systématiquement en compte les nouvelles normes de développement durable dans les chantiers neufs, alors qu’en France, priorité est donnée à la rénovation.

Elle a recommandé aux spectateurs de voir le documentaire sur la construction du Refuge de l’Aiguille, qui présente un parti-pris architectural différent (celui d’avoir conservé l’ancienne structure à l’intérieur de la nouvelle).

Des exemples de réalisations régionales utilisant le bois ont été cités, comme la récente construction du bateau ESPERANCE III, utilisant du mélèze et du lamellé collé.

Concernant une demande sur le budget, Claude SAINT ROMAIN a précisé que la construction du refuge du Goûter avait coûté 7,4 M€, dont 52% financés par la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) qui en est le propriétaire. Le reste a été pris en charge par la Commune de Saint Gervais, le Conseil Général de Haute Savoie, la Région, l’Etat, l’Europe, et la participation de quelques entreprise mécènes.

Soirée passionnante grâce à un public passionné et un échange de qualité.

La MA 74, association de loi 1901, affiliée à un réseau national, particulièrement reconnue comme spécialiste du film d’architecture, organise les rencontres de Cinéma d’Architecture depuis 22 ans. Son pôle éducation associe spécificités architecturales et cinéma. Pour exemple, elle fait actuellement découvrir aux jeunes les possibilités de transformation de l’ancien quartier industriel de La Prairie à Annecy.

CINE LAUDON, ainsi que l’ensemble du public, remercie chaleureusement Hélène WOLFF et Claude SAINT ROMAIN, pour leur présence et la qualité de leur intervention.
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